Je t’ai laissé en Crète afin que … tu établisses des anciens dans chaque ville s’il s’y trouve quelque homme irréprochable…
Tite 1/5-6
Dieu cherche des hommes irréprochables, mais est-ce possible ? Dans l’absolu, certainement pas. C’est pourquoi Paul dit : “s’il s’y trouve…”. Dans le contexte, il s’agit de nommer des responsables et cela doit être fait selon certains critères dont l’irréprochabilité est le premier.
Mais de quoi s’agit-il exactement ? Le mot traduit par “irréprochable” peut aussi désigner le fait d’être “irrépréhensible” : on peut toujours leur faire des reproches, mais on ne doit pas pouvoir les reprendre sur des faits. Les anciens peuvent avoir à être repris (1 Tm 5/19-20), mais il ne faut pas que ce soit le cas au moment de leur nomination. Si quelqu’un est répréhensible dès le début, il vaut mieux éviter de le nommer.
Il ne s’agit pas d’une perfection absolue que personne ne pourrait atteindre, mais d’une forme d’exemplarité, “l’absence de taches manifestes sur la réputation” (Bénétreau). Un commentateur va trop loin en disant : “Il faut que son passé et son présent n’aient jamais donné lieu à une accusation”. Le contexte de Tite 1/6-9 montre ce que Paul pouvait entendre par là : un comportement qui attire l’approbation.
Le responsable peut avoir des détracteurs, il peut essuyer des critiques, mais son attitude ne doit pas fournir de prise aux accusations. S’il est subjectivement contesté, il doit pouvoir être objectivement défendu. La même expression est utilisée à propos des diacres, d’abord mis à l’épreuve avant d’exercer leur service (1 Tm 3/10). Être irrépréhensible, c’est avoir fait ses preuves dans le temps, dans sa famille comme dans l’Église.
Oui, Dieu cherche de telles personnes. Efforçons-nous d’en faire partie !
Thibaud LAVIGNE
